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Portrait du mois - août 2026

2026-08-13 08:37:17
Portrait

Nathan est étudiant à l’Université Libre de Bruxelles où il poursuit un master en ingénieur de gestion à la faculté de Solvay. Tuteur chez Schola ULB depuis 3 ans, il accompagne principalement des élèves en mathématiques. Au fil de plusieurs quadrimestres, il a développé avec un de ses groupes d’élèves un lien de confiance particulièrement fort qui illustre toute la dimension humaine du Programme Tutorat. Dans cette interview, il partage son expérience de tuteur, les apprentissages qu’il en retire déjà et ce qui rend cet engagement si précieux à ses yeux. Une lecture inspirante à découvrir ci-dessous : 

 

Pour commencer, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Nathan : « Je m’appelle Nathan Villé et je suis étudiant à l’ULB, plus précisément à Solvay, en master ingénieur de gestion. Je suis tuteur chez Schola ULB depuis octobre 2023, durant ces 3 années j’ai accompagné des élèves à partir de la 4ème secondaire en mathématiques principalement et aussi en néerlandais. »

 

Qu’est-ce qui t’a donné envie de rejoindre le Programme Tutorat de Schola ULB ? Qu’attendais-tu de cette expérience lorsque tu as postulé ?

Nathan : « Premièrement, je dirai que j’avais envie de faire quelque chose de différent pour occuper mes temps libres vu que, venant de Liège, j’étais en kot et que je ne connaissais pas beaucoup de monde à l’université. De plus, j’ai direct trouvé le projet très gratifiant en allant aider des élèves qui étaient en difficulté car malheureusement tout le monde n’a pas les moyens de pouvoir se payer des cours particuliers.

Honnêtement, je n’attendais pas grand chose car c’était vraiment une première expérience pour moi puisque que je n’avais jamais donné de soutien scolaire auparavant mais je dois dire que j’ai directement accroché dès ma première séance de tutorat. »

 

Comment as-tu vécu tes premiers pas chez Schola ULB ? 

Nathan : « Je me souviens que j’étais un peu stressé car je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre mais ce stress s’est très vite dissipé après avoir été directement mis à l’aise par l’équipe en charge de la formation de base des étudiants-tuteurs. Concernant le processus de recrutement, ce dernier est assez rapide et la formation de base nous aide grandement à aborder les premiers tutorats plus sereinement.

L’accompagnement et les outils pédagogiques mis à disposition sont vraiment d’une aide précieuse pour préparer nos séances de tutorat. La bibliothèque Schola ULB est composée de plein de livres de références, elle permet d’avoir accès à plein de ressources pour rendre notre tutorat le plus agréable et le plus utile possible pour les élèves. De plus, si jamais on a besoin d’aide pour quoi que ce soit, l’équipe pédagogique est toujours là pour nous épauler dans notre mission d’aider les élèves. » 

 

Au fil des quadrimestres, tu as accompagné un groupe d’élèves avec lequel un véritable lien s’est créé, bien au-delà des séances de tutorat prévues initialement. Comment cette relation a-t-elle évolué au fil du temps et qu’est-ce qui, selon toi, a permis de construire une telle confiance avec eux ?

Nathan : « Sincèrement, ce lien s’est créé assez naturellement au fil du temps et des séances. On s’est tout de suite très bien entendus dès le départ, et je pense que cette proximité d’âge a grandement aidé à construire ce lien. Dès la première séance, je me souviens leur avoir dit que je n’étais pas un professeur et qu’ils devaient plutôt me voir comme un grand frère, là pour les aider dans ce qu’ils trouvaient un peu plus difficile, que ce soit en mathématiques ou dans certains aspects de la vie de tous les jours.

Au fil du temps, nos séances se sont vraiment transformées en rendez-vous hebdomadaires que nous attendions chacun de notre côté avec impatience. Bien évidemment, je les aidais en mathématiques, mais je leur racontais aussi beaucoup ma vie à l’université. Ils étaient curieux de savoir comment cela se passait au niveau des cours, des horaires, du campus et de la vie universitaire en général.

Je pense vraiment que ce qui a aussi beaucoup contribué à construire une telle confiance entre nous, c’est que tout le monde se sentait à sa place et que personne ne se sentait au-dessus des autres. Nous avions instauré un véritable climat de confiance dans lequel ils pouvaient tout me dire, se confier et poser n’importe quelle question. »

 

  D’après les dires de la coordinatrice, les élèves se seraient même déplacés jusqu’à Solvay car ils souhaitaient te retrouver en dehors des séances de tutorat. Qu’est-ce que cela a représenté pour toi ?

Nathan : « Oui, ils sont venus au High School Challenge en 2025. C’est un événement que j’organisais avec mon cercle étudiant, le Solvay Business Game, et qui a pour objectif de faire découvrir le monde universitaire, et plus particulièrement la faculté de Solvay.

Pendant cette journée, les participants, répartis en groupes de quatre, doivent résoudre un challenge pendant trois heures avant de le présenter devant un jury composé de professeurs et d’assistants de Solvay. C’est vraiment un super événement pour avoir un premier contact avec l’université et faire plein de chouettes rencontres.

Je les avais donc un peu poussés à y participer (rires). Ils sont venus tous les quatre et nous avons pu passer une belle journée ensemble. C’était vraiment agréable de les voir dans un cadre différent de celui du tutorat de Schola ULB, et cela a encore renforcé le lien qui s’était créé entre nous. »

 

  Selon toi, qu’apporte le fait d’être accompagné par un étudiant ou une étudiante de l’enseignement supérieur à ces élèves ? En quoi cette proximité d’âge peut-elle faire la différence et être complémentaire à l’expertise d’un professeur ?

Nathan: « Je pense sincèrement que cet accompagnement est un réel atout pour l’avenir et qu’il aide les élèves à surmonter leurs difficultés. Ayant été moi-même dans leur situation il n’y a pas si longtemps, cela me permet de comprendre plus rapidement leurs difficultés et leurs angoisses car j’y ai moi aussi été souvent confronté durant mes études secondaires.

De plus, cette proximité d’âge permet également de leur donner de nombreux conseils pour l’avenir, que ce soit concernant les études supérieures ou la vie de tous les jours. Lorsque j’étais en secondaire, j’aurais adoré pouvoir échanger avec un étudiant du supérieur afin de lui poser toutes mes questions et mes craintes à propos du passage dans l’enseignement supérieur, car c’est une transition qui fait peur à beaucoup d’élèves. »

 

Au-delà des résultats scolaires, quels changements ou quelles évolutions as-tu pu observer chez les élèves que tu as accompagnés ?

Nathan : « Ce qui m’a le plus marqué, c’est l’évolution de leur confiance en eux, qui a clairement progressé de manière positive par rapport au début. Je suis arrivé face à des élèves qui ne se pensaient pas capables de réussir les exercices, ni leur année, et encore moins d’obtenir leur CESS.

Trois ans plus tard, ils terminent leur aventure Schola en ayant tous réussi leur année avec brio et se lancent dans le monde universitaire avec beaucoup d’enthousiasme et de confiance. Je suis très fier d’eux et je sais qu’ils vont tout déchirer à l’université. »

 

Durant cette expérience, tu as également collaboré avec la coordinatrice de l’Institut Saint-Vincent de Paul, Mélanie. Comment as-tu vécu cette collaboration et en quoi a-t-elle facilité le bon déroulement des séances ? 

Nathan : « Mélanie, la coordinatrice du Programme Tutorat au sein de l’école, m’a été d’une grande aide durant notre collaboration car elle croit vraiment au projet de Schola ULB et en ce que nous apportons aux élèves durant nos tutorats. De plus, c’est une personne adorable qui a toujours le sourire et qui met tout de suite les tuteurs à l’aise en leur disant qu’ils sont très importants pour les élèves.

Concernant les séances, elle m’a laissé faire comme je le voulais dès le départ et m’a donné une liberté totale dans ma façon de les donner. Néanmoins, dès qu’il y avait un petit souci, elle était là pour trouver une solution et ne nous laissait pas seuls face au problème.

Ce qui m’a aussi marqué, c’est qu’elle présente les tuteurs et tutrices aux professeurs et elle m’a même présenté au directeur de l’école. Ces petits gestes et attentions donnent un sens à ce qu’on fait et nous rendent fiers de notre travail. C’est vraiment une superbe coordinatrice qui permet de rendre ce programme encore plus beau qu’il ne l’est déjà. »

 

On parle souvent de ce que les tuteurs apportent aux élèves. Si l’on inverse la perspective, qu’est-ce que ces élèves t’ont appris ou transmis au fil des séances ? Est-ce que cela t’a appris quelque chose sur toi-même que tu n’avais pas anticipé ?

Nathan : « Honnêtement, ils m’ont appris tellement de choses que c’est dur d’en sortir quelques-unes du lot. Mais si je devais quand même le faire, je dirais, premièrement, le fait de me remettre perpétuellement en question. Quand ils ne comprenaient pas, je changeais chaque fois ma manière de leur expliquer les choses pour qu’ils comprennent, même si cela devait durer 20 minutes. Je partais du principe que, s’ils ne comprenaient pas, c’est que mon explication n’était pas bonne ou simplement pas assez adaptée pour eux.

Deuxièmement, ils m’ont fait découvrir, ainsi que Schola ULB, que j’adorais donner des cours particuliers ou en petit groupe, car j’aime vraiment le fait de pouvoir aider les gens à dépasser leurs difficultés dans certaines matières. Depuis que je me suis inscrit à Schola ULB, je me suis aussi inscrit au Solvay Tutoring par la suite, qui est un peu l’équivalent de Schola ULB pour les étudiants de première année à Solvay. »

 

 Le tutorat est un engagement « rémunéré » mais il représente souvent bien davantage. Avec le recul, qu’est-ce que cette expérience t’a apporté, tant sur le plan humain que dans ton parcours personnel et, en anticipation, ton futur parcours professionnel ?

Nathan : « Tout d’abord, ça ne m’a apporté que de bonnes choses, car c’est un projet qui a du sens. Cela m’a aussi permis de me rendre compte que chaque personne a ses domaines de prédilection et que tout le monde mérite d’être soutenu dans ses projets.

De plus, le fait d’expliquer une matière permet aussi de se mettre dans la peau de personnes qui ont peut-être plus de difficultés dans ces matières-là et donc de maîtriser encore mieux son sujet pour pouvoir l’expliquer à n’importe qui. »

 

 Si un étudiant ou une étudiante hésitait aujourd’hui à rejoindre Schola ULB (qu’il soit ou non dans des études destinées à l’enseignement), que lui dirais-tu ? Qu’est-ce qui fait, selon toi, la singularité de cette expérience ?

Nathan : « Je lui dirais de ne pas hésiter et de foncer suivre la séance d’information et de recrutement, ainsi que de faire la formation pour devenir tuteur. C’est vraiment une expérience unique de pouvoir aider des jeunes élèves qui ont besoin de retrouver confiance en eux. De plus, Schola ULB permet de vivre une expérience humaine enrichissante, en aidant les élèves qui en ont besoin et en étant valorisé dans notre engagement. Honnêtement, c’est une expérience que je conseille à quiconque, car elle ne pourra lui apporter que de bonnes choses pour l’avenir. Tendre la main à ceux qui sont en difficulté est quelque chose de profondément enrichissant. »

 

 Avec ton recul de plusieurs quadrimestres en tant que tuteur, quel souvenir actuel garde-tu de cette aventure ? Y a-t-il un moment, une phrase ou une situation vécue avec tes élèves qui restera gravée dans ta mémoire ? 

Nathan : « Je n’en ai pas vraiment un en particulier qui me vient à l’esprit, mais c’est clairement toute cette aventure que je garderai en mémoire, de la formation de départ au dernier tutorat avec les élèves. Cependant, l’un de mes meilleurs souvenirs de cette aventure restera le lien d’amitié que j’ai pu créer avec mes élèves, car il restera unique pour la vie. Je prendrai de leurs nouvelles assez régulièrement et j’espère que, de leur côté, cette aventure Schola les aura positivement marqués à vie. »

 

 Questions INSOLITE : Si tu pouvais revivre une seule journée de ta scolarité, laquelle choisirais-tu et pourquoi celle-là ?

Nathan : « Je ne choisirais pas une journée en particulier, mais plutôt mon voyage rhéto en Chine. C’était vraiment une expérience inoubliable d’avoir pu y aller et de découvrir la culture locale pendant deux semaines. J’ai pu voir comment fonctionnait l’école là-bas et être vraiment plongé dans la vie quotidienne d’un étudiant en passant une semaine dans la famille de mon correspondant. C’est le premier voyage qui m’a autant marqué, avec aussi énormément de bons moments passés avec mes amis durant ce magnifique périple. »

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