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DANS LE REGARD DE NOS FORMATEURS
2026-10-08 11:05:26
1. Pour commencer, pouvez-vous nous expliquer en quelques mots ce qu’est la formation initiale et à quel moment elle intervient dans le parcours d’un·e candidat·e-tuteur·rice ?
« Après une première séance d’information, les candidat·es participent à une journée de formation initiale, obligatoire avant de devenir tuteur·rice. Cette étape permet de leur donner des repères pédagogiques, des outils concrets et une première réflexion sur leur posture. L’objectif est qu’ils ne se retrouvent pas face à un groupe d’élèves sans préparation, mais qu’ils disposent déjà de premières clés pour accompagner les apprentissages et animer une séance de tutorat. »
2. Pourquoi est-il important, selon vous, de former les étudiant·es avant leurs premières séances de tutorat ? Quels sont les principaux enjeux de cette formation ?
« Maîtriser une matière ne signifie pas automatiquement savoir la transmettre. Le tutorat demande également de savoir instaurer un cadre, gérer un groupe, comprendre les besoins des élèves, les motiver et adapter ses explications. La formation permet donc aux futur·es tuteur·rices de mieux comprendre leur rôle et de développer une posture pédagogique. Elle leur donne aussi des outils pour analyser les situations qu’ils rencontreront et ajuster progressivement leur pratique.
L’enjeu est également de renforcer leur confiance. On ne peut pas anticiper toutes les situations, mais avoir déjà réfléchi, expérimenté et échangé autour de situations concrètes permet d’aborder les premières séances avec davantage de repères. »
3. Concrètement, que va découvrir ou expérimenter un·e étudiant·e au cours de cette journée ?
« Nous travaillons d’abord sur le déroulement d’une séance de tutorat et sur la manière d’instaurer un cadre clair et bienveillant.
Les étudiant·es sont ensuite confronté·es à différentes situations autour de la pédagogie, de la motivation ou de la gestion de groupe. Ils réfléchissent collectivement à des pistes de solution, ce qui nous permet d’introduire progressivement différents outils et principes pédagogiques.
L’après-midi est consacré à des simulations de séances afin de mettre ces éléments en pratique. Nous terminons par les ressources et les différentes formes d’accompagnement dont les tuteur·rices pourront bénéficier par la suite. »
4. La formation laisse une place importante aux mises en situation et aux échanges. Qu’est-ce que ces exercices permettent aux étudiant·es de comprendre ou d’expérimenter avant de se retrouver face à leur groupe d’élèves ?
« Les mises en situation permettent aux étudiant·es de tester leur posture dans un cadre où ils peuvent expérimenter et analyser leurs choix.
Nous leur proposons par exemple une situation dans laquelle tous les élèves viennent de rater une interrogation et arrivent démotivés. La question n’est alors pas simplement de savoir quoi faire, mais de comprendre ce dont les élèves ont besoin à ce moment-là et comment les remobiliser. Le débriefing est essentiel. Les étudiant·es expliquent leurs choix, confrontent leurs stratégies et découvrent d’autres possibilités. Nous cherchons ainsi à développer une démarche réflexive : observer une situation, l’analyser, essayer une réponse puis l’ajuster si nécessaire. Cette capacité d’adaptation est centrale dans la pratique du tutorat. »
5. Au-delà de cette formation initiale, comment Schola ULB accompagne-t-elle les étudiant·es tout au long de leur expérience de tutorat ?
« La formation initiale constitue le point de départ d’un accompagnement pédagogique qui se poursuit tout au long de leur expérience.
Nous proposons des formations continues, notamment autour des troubles d’apprentissage ou des ressources numériques, ainsi que des échanges de pratiques avec des tuteur·rices coachs plus expérimenté·es.
Les tuteur·rices peuvent aussi directement nous contacter lorsqu’ils rencontrent une difficulté. Notre rôle est alors de les aider à analyser la situation et à identifier des pistes de solution. Nous réalisons également des visites pédagogiques. Après avoir observé une séance, nous échangeons avec le ou la tuteur·rice sur sa pratique, autant sur les éléments à améliorer que sur ceux qui fonctionnent déjà. Comprendre pourquoi une pratique fonctionne permet aussi de la consolider et de développer progressivement son autonomie. »
6. Si vous deviez retenir une chose que vous aimeriez que chaque étudiant·e-tuteur·rice emporte avec lui·elle à l’issue de cette formation, quelle serait-elle ?
« Le tutorat ressemble un peu à une graine que l’on plante. Les résultats ne sont pas toujours immédiatement visibles, mais les encouragements, la patience, un cadre rassurant et une explication adaptée peuvent progressivement produire leurs effets.
Nous aimerions surtout que les tuteur·rices comprennent qu’ils n’ont pas besoin d’avoir immédiatement réponse à tout. Être attentif aux élèves, observer ce qui fonctionne, s’adapter et continuer à chercher différentes manières de les faire progresser fait pleinement partie de leur rôle. Ce sont souvent ces petites actions répétées qui peuvent progressivement faire une réelle différence. »
7. Et pour terminer cet entretien sur une note plus personnelle, une question, une réaction ou un moment vécu en formation vous revient-il particulièrement en tête ? Racontez-nous !
« Lors d’une formation initiale, un étudiant nous a raconté avoir dû recommencer trois années au cours de son parcours scolaire avant de poursuivre ensuite ses études jusqu’en master 2. Il avait lui-même bénéficié du tutorat et souhaitait désormais devenir tuteur pour accompagner d’autres jeunes à son tour.
Son message était particulièrement fort : rencontrer des difficultés à l’école ne signifie pas que l’on est incapable de réussir. Un parcours scolaire n’est pas nécessairement linéaire et les difficultés rencontrées à un moment donné ne déterminent pas ce dont un élève sera capable plus tard.
C’est aussi ce type de parcours qui donne beaucoup de sens à notre travail. »
