DEVENIR TUTEUR
L’interview minute : Pascale Labiau, Coordonnatrice du Dispositif d’Accrochage Scolaire
07
octobre
2014

La clé du succès du Programme Tutorat, c’est la motivation de ses acteurs ! Schola ULB vous propose d’en savoir plus sur le projet à travers les points de vue de tuteurs, coordinateurs, élèves, directions d’école ou partenaires. Aujourd’hui, allons à la rencontre de Pascale Labiau, coordonnatrice du Dispositif d’Accrochage Scolaire (DAS) de la Région Bruxelles-Capitale, un partenaire de longue date du Programme Tutorat.

 

 

Pourriez-vous nous expliquer ce que fait le DAS ?

Le DAS soutient des projets dans les écoles bruxelloises pour lutter contre le décrochage scolaire et la violence. Nous avons commencé avec 44 projets et cette année nous en avons 418 ! Depuis 2000, nous avons soutenu beaucoup de projets de mise en place du Programme Tutorat de Schola ULB dans les écoles.

 

Depuis combien de temps connaissez-vous Schola ULB ?

Très longtemps ! Bien avant que le Programme Tutorat ne rentre dans le DAS. Je pense que la première commune à avoir proposé un projet de Tutorat au DAS est Schaerbeek. A l’époque, j’ai tout de suite accepté car je trouvais ça intéressant que des élèves issus de populations fragilisées aient droit à cette aide. J’y croyais vraiment, c’était une solution à la remédiation d’une approche autre que celle venant des enseignants.

 

Quels sont les points forts du Programme Tutorat ?

L’intérêt du Programme est la différence d’approche : c’est une relation plus proche, le tuteur est comme un frère ou un grand frère. Il permet de pouvoir discuter plus facilement qu’avec un prof. L’autre point fort est le prix. De mon point de vue, financer le tutorat permet de soutenir davantage de projets.

 

Que pouvez-vous dire de son évolution ?

Il s’est bien développé et est devenu très connu dans la Région. C’est un projet de qualité, vos jeunes sont bien formés. Maintenant, nous sommes en route pour le développement dans le primaire. Le projet pilote que vous avez mené avec la commune de St-Josse en primaire a été un succès et maintenant d’autres communes me contactent pour lancer la même chose.

 

Par rapport aux missions du DAS, en quoi le Tutorat favorise l’accrochage scolaire ?

C’est une approche individuelle ou individualisée, même si cela se fait en petits groupes. Les tuteurs qui viennent ont de la volonté de faire apprendre autrement. Ils ne sont pas forcément attachés à un Programme. Alors le contact et la confiance sont différents. Il faut aussi noter que le retour vers les enseignants est positif. Ils ressentent une évolution après le Tutorat. Ce retour vers les enseignants est important.

 

Le Tutorat devrait-il être systématiquement présent dans toutes les écoles ?

Non, je pense qu’il faut le laisser aux écoles qui en font la demande. Si vous l’imposez, cela ne fonctionne pas. Je remarque néanmoins qu’il y a de plus en plus de projets de soutien scolaire qui sont rentrés au DAS, c’est même une majorité et cela va encore augmenter.


 

Pour en savoir plus sur le DAS

 

10 fois plus de projets en 14 ans, c’est une belle progression ! Beaucoup de projets cette année ?

Oui, cette année c’est le boum, il y a eu beaucoup de projets présentés. Malheureusement, il ne nous est pas possible de tous les accepter. Il faut faire des choix mais pas uniquement par rapport à la qualité. Nous avons reconduit tous ceux qui existaient mais nous avons aussi pris de nouveaux établissements car c’est une façon de les faire rentrer dans une dynamique.

 

Un projet est-il automatiquement reconduit ?

Non, il y a une évaluation chaque année et l’école doit remotiver le projet. S’il n’y a pas d’évolution ou que tel critère n’est pas rempli, le soutien s’arrête.

 

Quels types de projets ont été refusés ?

Les projets complémentaires. C’est-à-dire que si une école avait un ou deux projets et qu’elle voulait rentrer un troisième, j’ai dû refuser. Il faut laisser la place à de nouveaux établissements.

 

Le DAS soutient donc des projets financièrement. Comment cela fonctionne-t-il ?

Nous fonctionnons exclusivement avec des subventions de la Région bruxelloise qui sont versées aux communes. Le DAS s’organise dans le cadre de l’aide aux communes. Tout passe par celles-ci, y compris la présentation des projets.

 

Cela signifie que les écoles  doivent s’adresser aux communes et non au DAS directement ?

Oui. Les communes sont tenues de signer tous les projets présentés par les écoles de leur territoire.  Mais elles ne disent pas si c’est un bon ou un mauvais projet. C’est le DAS qui fait ce travail. J’analyse donc toutes les propositions puis présente ma sélection au gouvernement bruxellois.

 

Quel est le calendrier de l’appel à projets ? C’est une procédure qui prend du temps ?

Je reçois les projets pour le 1er juin. Je dois ensuite les analyser et les commenter. Il faut compter environ 3h par projet. Je termine cette phase à la fin juillet. C’est du non-stop, y compris soirs et week-end ! Les propositions sont faites au gouvernement en septembre afin que les écoles reçoivent la réponse pour le 1er octobre. C’est le principal car elles doivent débuter le projet au plus tard le 15 octobre.

 

Que conseillez-vous aux écoles qui veulent rentrer un projet au DAS ?

Il faut d’abord savoir que je ne refuse pas tout de suite un projet. S’il ne convient pas, je préviens l’établissement qu’il faut changer et améliorer certaines choses. Je fais un accompagnement. Il faut aussi rappeler que le DAS n’est pas de l’extra-scolaire. Il ne s’agit pas de projets loisirs. Je conseille donc aux écoles de bien réfléchir à la finalité du projet et à la visée éducative. Faire une pièce de théâtre devient intéressant si cela intègre un objectif éducatif : améliorer le vocabulaire des primo-arrivants par exemple. Là, ça devient un projet DAS. Si une école propose un projet de soutien scolaire qui ne me semble pas assez solide, je propose des solutions comme le Programme Tutorat de Schola ou même du Tutorat interne dans lequel des rhétos aident les élèves des niveaux inférieurs.

 

En ce qui concerne le budget, que peuvent-elles attendre ?

Cela dépend des écoles, du nombre d’élèves touchés, etc…, je ne préfère pas donner de montant précis. Des écoles viennent parfois avec des budgets immenses qu’il est impossible de donner. Je leur conseille alors d’aller chercher aussi vers d’autres subsides publics : la Cocof, la Fédération Wallonie-Bruxelles…

 

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