DEVENIR TUTEUR
L’interview minute : Imane Kenfaoui, ancienne tutrice
03
juin
2014

La clé du succès du Programme Tutorat, c’est la motivation de ses acteurs ! Schola ULB vous propose d’en savoir plus sur le projet à travers les points de vue de tuteurs, coordinateurs, élèves ou directions d’école. Aujourd’hui, revenons quelques années en arrière avec Imane Kenfaoui, ancienne tutrice pour qui l’expérience Tutorat a été décisive.

 

Bonjour Imane, vous avez répondu avec engouement à notre recherche d’anciens tuteurs pour réaliser une petite interview…Le Tutorat est un bon souvenir alors ?

 

Absolument ! Cela remonte à  2004 lorsque j’étais étudiante à Solvay en D.E.A Sciences de Gestion.  En passant dans le bâtiment des inscriptions, j’ai vu une affiche de Schola ULB qui m’a interpellée. J’ai passé un entretien puis j’ai donné des séances, ce fut une vraie révélation, je me suis découvert une vocation !

 

Pour quelles raisons ?

 

En étudiant à Solvay, je n’avais jamais pensé travailler dans l’enseignement secondaire, mais il y a eu un déclic. Le Programme Tutorat m’a donné envie de m’investir dans le milieu scolaire, car au fur et à mesure de mes rencontres avec  les élèves, je sentais que je leur avais apporté une aide. Mais surtout, j’ai réalisé que je pouvais donner davantage et être un acteur dans l’éclosion d’un système scolaire qui œuvre pour l’épanouissement du jeune.

 

Aujourd’hui, vous travaillez donc dans ce domaine ?

 

Oui. Après mes études à l’ULB, j’ai postulé à L’Institut Technique Cardinal Mercier. J’ai eu la chance de rencontrer  une remarquable équipe de direction  et des collègues qui ont cru en moi. Pendant que j’enseignais, je faisais l’agrégation en sciences économiques, juridiques et sociales à l’UCL.

 

Depuis 2005 je suis enseignante à temps plein dans la même école. En novembre 2012 j’ai été engagée à mi-temps comme de conseillère pédagogique  transversale au Service Diocésain de l’Enseignement Secondaire et Supérieur de Bruxelles et du Brabant Wallon. Aujourd’hui, mon emploi du temps est partagé entre ce poste et celui d’enseignante.

 

Vos séances de Tutorat concernaient quelles matières ?

 

Principalement de la comptabilité, dans trois établissements techniques et professionnels : Frans Fischer, Pierre Paulus et Guy Cudell.

 

Selon vous, quels sont les points forts et faibles du Tutorat ?

 

Le plus important, c’est que le Tutorat permet de créer un lien entre les « générations ». Il permet aux jeunes élèves d’avoir une représentation  plus proche de la réalité des études supérieures, à travers le modèle du tuteur qui lui aussi doit étudier et faire des travaux. Ce rapport entre pairs est très porteur.

 

Pour le tuteur, c’est un gain d’expérience, une richesse à ajouter au CV et surtout  une contribution de taille dans la construction d’une société plus solidaire.  À mon sens le Tutorat est un bel exemple d’une implication sociale et responsable des jeunes étudiants dans leur environnement.

 

Des points faibles ?

 

Je préfère parler de points d’amélioration plutôt que de points faibles. À mon avis, le programme de Tutorat gagnerait du sens si des synergies étaient créées entre les enseignants et les tuteurs. En effet, une collaboration plus étroite permettrait au tuteur de partir directement des besoins de l’élève, diagnostiqués et communiqués par l’enseignant et par conséquent d’apporter un contenu plus adapté. Aussi, l’élève pourra plus facilement faire le lien entre le cours et les séances de tutorat et surtout trouvera du sens à celles-ci.

 

Enfin, il est important que le tuteur soit au courant du jargon de l’enseignement, car cette connaissance lui permettra d’appréhender plus facilement ses missions et mieux saisir les éventuelles demandes des enseignants.

 

Une anecdote pour finir ?

 

Aout 2004, lors de ma dernière « mission » de Tutorat à Guy Cudell, j’ai rencontré trois filles (5e et 6e), elles avaient un examen de passage en comptabilité. Discipline dans laquelle, elles avaient des lacunes.

 

Nous avons travaillé, dans une ambiance positive et sereine à la préparation de leurs examens de passage. Pendant les séances, elles étaient motivées et consciencieuses, et surtout en questionnement sur leurs projets d’avenir.

 

Quelques jours après leurs examens, j’ai reçu un sms dont je me souviendrai toute ma vie : les filles avaient réussi leurs examens et me remerciaient chaleureusement. Plus tard, l’une d’elles m’a même reconnue en rue et m’a encore remerciée. Cette reconnaissance a été très révélatrice pour moi.

 


 Qu’en est-il en 2014 ?

 

Depuis 2004, Schola ULB a fait un bout de chemin en élargissant le Programme Tutorat au premier degré du secondaire, mais aussi dans le primaire. Près d’une école sur trois à Bruxelles est inscrite au Programme. Les futurs tuteurs suivent maintenant une formation obligatoire. Au sein de l’école, ils sont épaulés par un coordinateur pédagogique et des rencontres d’évaluation sont organisées au terme de chaque module semestriel.  Pour ce qui est des synergies établies avec les enseignants, Schola ULB rejoint le point de vue de Imane Kenfaoui. Nous essayons d’inclure chaque enseignant, et l’équipe éducative en général, dans ce projet de soutien. Malgré l’investissement volontaire que cela demande, nous remarquons que de plus en plus d’enseignants soutiennent l’initiative.

 

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