DEVENIR TUTEUR
L’interview minute : Christine Straus, Directrice de l’Institut Technique René Cartigny
06
février
2014

La clé du succès du Programme Tutorat, c’est la motivation de ses acteurs ! Schola ULB vous propose d’en savoir plus sur le projet à travers les points de vue de tuteurs, coordinateurs, élèves ou directions d’école. Aujourd’hui, donnons la parole à Christine Straus, Directrice de l’Institut Technique René Cartigny à Ixelles, une des plus anciennes écoles partenaires du Programme.

 

En tant que directrice, quel est votre rôle dans le Programme ?

D’abord, je soutiens le Tutorat ! J’essaye de rencontrer les tuteurs et j’assure également une présence dans l’école lors des séances, cela permet d’établir un contact avec les  tuteurs et  d’encourager les élèves. C’est un moment privilégié. Comme le Programme vient de l’extérieur, il  est  primordial qu’il soit reconnu  par l’équipe éducative.

 

Toute l’équipe pédagogique de l’école est au courant ?

En tout cas,  nous mettons beaucoup d’énergie dans la communication du projet. On en parle dans les notes de service, au niveau des conseils de classe,  à l’occasion des réunions de parents ainsi que dans un courrier qui leur est adressé.

 

Qui sont les coordinateurs du Programme Tutorat ?

Ils sont maintenant deux et c’est très positif. Le premier a une fonction plus administrative. Il  gère la communication entre les différents acteurs de l’école et  Schola ULB. Le second, chef d’atelier,  est sur le terrain et donc très proche des élèves.  Aborder le  projet  par ces deux côtés nous a permis  de le redynamiser et d’augmenter sa visibilité au sein de l’établissement.

 

je pense que cette année, nous avons réussi à générer un sentiment d’appartenance à une structure. Comme s’il y avait une identité Tutorat.

 

Vous avez beaucoup d’inscrits pour ce prochain module ?

Oui, c’est un succès et nous devons cela à cet effort de communication et à la  réorganisation des rôles. De plus, je pense que cette année, nous avons réussi à générer un sentiment d’appartenance à une structure. Comme s’il y avait une identité Tutorat.  « Moi, j’appartiens au Tutorat ». Les élèves en sont fiers.

 

Qui sont les élèves qui participent ?

Nous nous adressons aux élèves du 2ème et 3ème degré de qualification. La difficulté majeure est de convaincre les élèves de venir de manière volontaire et de de s’engager à être présents après les cours, ce n’est pas évident. Je pense qu’il faut pouvoir s’adapter au public qu’on a.  Une relation de confiance doit s’établir entre le tuteur et les élèves, si un lien est créé, c’est gagné ! Derrière leur allure un peu désinvolte et peu impliquée, on a finalement des jeunes hypersensibles qui  une fois accrochés font preuve d’une forte reconnaissance.

 

Cette année, nous avons dû refuser un élève qui n’a pas respecté les termes du Tutotat. Il revenu plusieurs fois à la charge, à plusieurs niveaux. C’est regrettable de devoir lui dire non mais cela a un effet bénéfique sur tous les autres : ils se rendent compte que le Tutorat est quelque chose de sérieux. Etre accepté au Tutorat devient une valorisation. Pour cet élève, nous n’avons pas voulu le condamner à tout prix, mais il est important de rappeler le cadre, les règles et les limites.

 

 

Voyez-vous des changements chez les élèves qui participent ?

Ils ont une meilleure image d’eux-mêmes et montrent davantage de confiance. Chez nous, l’estime de soi est un élément extrêmement important. Surtout dans un système où l’on a tendance à « reléguer » vers les filiales techniques ou professionnelles.  Le Tutorat permet une reconnaissance de ce qu’ils sont et de ce qu’ils valent. Avoir des étudiants de l’université qui s’intéressent à eux, c’est valorisant. Ils ne sont pas que le « parent pauvre» de l’enseignement général…

 

De plus, on note également  un changement de regard chez l’enseignant vis à vis de l’élève.  Il se rend compte que l’élève veut s’en sortir et cherche du soutien. Les relations s’améliorent entre eux.

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